« Père, donne moi la gloire! »

L’homme en général et particulièrement l’homme contemporain est confronté – pour reprendre le titre d’un roman célèbre – à l’insoutenable légèreté de son être. La gloire (Kavod en hébreu) c’est ce qui a du poids, ce qui serait susceptible de donner un peu de poids à nos existences si peu lestées. L’efflorescence des réseaux sociaux donne à presque tous l’accès à une certaine forme de gloire : c’est la course aux likes sur Facebook… Jésus reprochait déjà aux pharisiens de tenir leur gloire les uns des autres (Jn 5,44). D’ailleurs la roche tarpéienne n’est jamais très loin du Capitole et après l’heure de gloire vient parfois l’heure du lynchage et la machine à blessures.

Derrière cette soif de gloire, il y a celle d’être reconnu dans son être, dans sa dignité d’homme ou de femme. Cela pose la question de la société que nous voulons bâtir et dont l’Eglise pourrait fournir un modèle réduit : sera-t-elle un lieu où chacun se sent encouragé et autorisé à être qui il est ?

C’est le regard que le Père pose sur Jésus et sur chacun de nous en Lui : « Tu es mon fils en qui j’ai mis toute ma complaisance ! » (Mt 3,17) C’est à la vérité le regard que tout père et toute mère devrait poser sur leur enfant.

La vie et le témoignage des chrétiens et des chrétiennes doit manifester que l’on peut trouver la gloire, que l’on peut mener une vie riche et pleine de sens dans une authenticité reçu chaque jour à nouveau dans l’eucharistie et l’adoration.